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Révolution à Lyon autour de la Marche des Fiertés ? Episode 1 !

En juin 2019 la Marche des Fiertés avait toutes les peines du monde à se lancer et piétinait sur la ligne de départ dans l’attente d’un signal qui ne venait pas. Malgré une pluie battante le public était au rendez-vous (la Marche des Fiertés réunit chaque année à Lyon autour de 20 000 personnes), les chars vrombissaient de musique, l’habituel bus rouge à impérial de Radio Scoop étant en tête de cortège, les drapeaux aux couleurs des communautés LGBTI flottaient au vent, et une foule nombreuse était venue faire la fête et célébrer chacun et chacune à sa manière la visibilité des personnes lesbiennes, gay, transgenres et plus plus plus. Des associations militantes, des partis politiques, des syndicats, avaient mis les petits plats dans les grands pour être présents sur la Marche. Pourtant autour de la place Bellecour détrempée par la pluie, la Marche tarde à s’ébranler… Les cafés qui environnent la place sont envahis de marcheurs et de marcheuses à la recherche d’un abri, tandis que l’orage redouble de violence et douche tout le monde.

La musique diffusée par les chars semble céder du terrain à la violence de l’orage. Notre amie Maria Ventura qui anime l’émission « Femmes en Voix » sur les ondes de Pluriel Gay, et dont l’association Whoelles avait customisé un magnifique 38 tonnes pour la Marche, unique char entièrement dédié aux thématiques féministes et lesbiennes cette année-là, s’est vu signifier par le service d’ordre de couper les enceintes pour des raisons de sécurité. Autour des dizaines de chars présents on s’active pour protéger le matériel sono des trombes d’eau qui se déversent à ce moment-là sur Lyon. Puis il est annoncé que du fait des conditions climatiques  la Marche ne pourrait pas emprunter le parcours prévu et le bus de Scoop, tête de proue habituelle des Marches depuis de nombreuses années, commence à avancer lentement : le cortège pourra rester tout autour de la place Bellecour.

C’est à ce moment qu’intervient l’événement qui va tout faire basculer : un groupe de personnes forme une barrière humaine pour empêcher le départ. Il y aurait eu des invectives et des échauffourées entre les organisateurs de la Marche et les perturbateurs. Tout le cortège reste stocké autour de la place, tandis que la police intervient pour débloquer la situation. Selon ce qui a été rapporté par les uns et les autres des lacrymos sont tirés par les forces de l’ordre et les bloqueurs dégagés manu miltari. Au final le bus de Scoop s’achemine vers le centre de Bellecour vibrant de ses musiques tonitruantes et assurera une sorte de service après-vente tandis qu’aucun des autres chars du cortège ne va plus bouger d’un pouce, bientôt démantelés et renvoyés d’où ils venaient. Des irréductibles marcheurs et marcheuses affronteront la pluie et resteront autour du bus à impériale sous la queue du cheval, puis vont petit à petit se disperser à regret alors que l’orage commence à s’éloigner. Pour beaucoup les événements survenus en tête de cortège ne sont pas connus et l’échec de la Marche est globalement imputé à l’orage.

Depuis quelques années à Lyon, comme ailleurs en France, des collectifs militants intersectionnels, transféministes et décolonialistes, organisaient parallèlement à la Marche traditionnelle des Marches de Nuit où les minorités dans la minorité étaient mises en avant.

(… épilogue…) Quelques mois après l’échec de la Marche des Fiertés, le Bureau de l’Association Lesbian and Gay Pride de Lyon, organisatrice de l’événement depuis prés de 20 ans, décide de démissionner en bloc. Lors de l’Assemblée Générale qui s’est tenue en novembre 2019, et dont l’annonce avait été largement diffusée sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes, en majorité des étudiant.e.s sont venues pour adhérer à l’association et pour certaines d’entre elles présenter leur candidature. Dans leurs professions de foi, les candidat.e.s se sont défini.e.s comme transes, non-binaires, racisé.e.s, avec la ferme intention de représenter tous ceux et celles laissées de côté par la traditionnelle militance LGBTI (trop longtemps dominée par les hommes gay blancs cisgenres). D’un seul coup la LGP se voit considérablement rajeunie et l’homme gay blanc cisgenre évacué par la voie démocratique, la seule candidature répondant à ce dernier critère n’ayant pas obtenu les voix nécessaires pour être élue.

A la suite des votes (auxquels j’ai assisté) une sorte d’exultation et de joie triomphante s’est emparée d’une partie de l’assistance, comme à l’annnonce d’une grande victoire. Les anciens membres de la LGP quant à eux se sont engagés à transmettre tout leur savoir et leur compétence au nouveau Bureau, ce qui depuis a été réalisé très sereinement des deux côtés. Entre-temps le nouveau collectif a rebaptisé la Lesbian and Gay Pride de Lyon (LGP) en « Collectif des Fiertes » (CFL), avec comme objectif majeur d’appliquer de nouveaux axes militants conformes à leurs aspirations et leurs objectifs.

Article signé par : Gérald Russo.

Une Pride 2019 qui fut bien arrosée !

Après la pluie le beau temps : mais la Marche n’a pu se dérouler dans des conditions normales !

La veille de la Marche le Centre LGBTI avait été placardé par des groupes dénonçant l’absence de représentativité des minorités LGBTI, le racisme et la transphobie de l’association. Par la suite le Bureau du Centre a proposé des rencontres avec des militants intersectionnels qui se sont déroulées dans les locaux.

(… suite…) Le soir même le traditionnel apéro-Pride organisé au Centre LGBTI par le Forum Gay et Lesbien réunit dans la rue des Capucins une importante assistance regroupée dans l’espace de la voie publique sécurisé pour l’événement comme chaque année par la Ville de Lyon. Après la pluie, le beau temps, l’orage a laissé la place à de généreuses éclaircies. C’est là que l’on en apprend plus sur ce qui s’est passé lors de la Marche, notamment par des témoins et parmi eux des membres de la Lesbian and Gay Pride de Lyon. Le groupe des contestataires aurait voulu se placer en tête de cortège avec leurs propres slogans et face au  refus catégorique de la part des organisateurs des Fiertés, le groupe entreprend sa tentative de blocage de la Marche, une action qui ressemble à un zap d’Act-Up. Il s’agit de militant.e.s dits intersectionnel.le.s, que certains qualifient aussi de façon plus ou moins dépréciatives d’anarcho-queers, et dont l’objectif est la représentation des minorités et des thèmes qui leur sont liés par les Marches des Fiertés, devenues trop commerciales et pas assez politiques, selon leur opinion. Ces collectifs majoritairement composés d’étudiant.e.s organisent depuis quelques années des « marches de nuit » dans plusieurs villes françaises, sorte de « contre-marches » à travers lesquelles ils et elles entendent porter la voix des « oublié.e.s de Stonewall », c’est d’ailleurs le nom qu’avait pris l’un de ces collectifs, que nous avions reçu à l’émission. Lors de l’inauguration de la Bibliothèque de Centre LGBTI+ de Lyon, ce sont aussi les militant.e.s d’un collectif intersectionnel, « Les Méduses », aujourd’hui disparu, qui avaient organisé un rassemblement devant les locaux alors que se tenaient à l’intérieur les discours d’intention de certains élus locaux. Propos injurieux, coups sur les vitrine du Centre : devant les menaces d’invasion des lieux, le Centre avaient laissé pénétrer le groupe de manifestant.e.s, dont certain.e.s cagoulé.e.s, mais après avoir organisé le départ des politiques. Une fois les manifestant.e.s autorisé.e.s à entrer, le calme est revenu hors et dans les locaux du Centre… D’autres actions sont à attribuer à ces groupes, comme par exemple celle organisée avant l’inauguration des soirées « Plus Belle La Nuit » à l’Hôtel Château Perrache, un zapping parce que celui-ci devait accueillir quelques jours plus tard un colloque de l’association Cosette et Gavroche, l’antenne lyonnaise de la Manif Pour Tous, ce que les organisateurs des célèbres soirées queer de Lyon ignoraient totalement par ailleurs…

 

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